Transcription
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Monseigneur, jay receu la lettre quil vous a pleu mescrire du dernier
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jour de lan, par laquelle je voy bien que naviez receu encores celle que
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je vous escrivoys par Bourgel, car je vous mandoys par icelle comme javoys
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receu la lettre de banque quil vous avoyt pleu menvoyer par voye du sieur
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Joseph Arnolphini que ledit Bourgel m’aporta. Je ne lavoys encores em-
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ployée, mattandant tousjours sur ce que devoyt recevoyr monsieur d’Evènes
7mon oncle de ce qui est deu à mon oncle monsieur de La Roche, mais [barré : apr ]
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voyant quil ny avoyt plus desperance de ce costé là, jay esté contraint
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de prendre mil trois cens livres suivant le contenu de laditte lettre de ban-
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que, lesquels je menageray le mieux quil me sera possible. Au demeurant,
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monseigneur, je reconnoys bien que la depence que jay faitte depuis
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que suis parti daveques vous est fort grande mais, monseigneur,
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je vous supplie de considerer quil ma falu tout habiller ce que jay fait
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le plus moderement quil est possible. Dautre costé, jay achepté deus
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chevaux de charrete qui me coutent quatre vints escus, jay aussi
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acheté des armes, charrete, lit de camp à pavillon, comme aussi ay je
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esté en part à un pavillon de tente avec mon oncle monsieur d’Evènes
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et ainsi de tout autre equipage pour ce voyage de La Rochelle, ce qui seroyt
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trop long à escrire si je vouloys tout mettre par le menu. Bien est il vray
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que maintenant les depences ne seront pas si grandes, dautant que je
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me suis acommodé de ce qui m’est le plus necessayre, de façon que ces
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mil trois cen livres me merront quelques temps. Il est vray que je
23ne scauroys rembourser monsieur d’Evènes des [barré : ci ] six cens livres quil m’a prestés
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sans demeurer en arrière. Mondit sieur d’Evènes vous pourra mieux informer
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et certifier de lexecessive depence quil convient faire, pour estre touttes choses
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si extremement chères quil ne se peut de plus. Jay bien grand regret de
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ceste si grande depence que je vous fois, vous asseurant, monseigneur, que
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je meforceray de la reparer de tout mon pouvoyr, affin quau moins elle
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ne soyt employéee en vain. Et surce, je vous bayseray très humblement les mains,
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suppliant le Createur vous donner,
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monseigneur, très heureuse et longue vie. De Paris, XIII janvier 1573. Vous
32pourrez voyr, monseigneur [barré : comme ] , par la lettre de monsieur d’Evènes come nous partons demain pour
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aller à La Rochelle, ce qui est cause quil na peu vaquer aus affaires que vous luy
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escripviez.
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Votre très humble filz et très obeissant serviteur
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à jamais. De Simienne allemand
